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Accompagner des équipes dans leur projet de communication visuelle (sur le Web, ou dans le réel) me pousse constamment à les questionner sur leurs pratiques, leurs objectifs ou leur vision. De la communication au sens “pro” du terme – qui est mon métier-, on en vient naturellement aux relations humaines et donc à la communication “au sens large”, un savoir être plutôt qu’un savoir faireJe m’explique.
Récemment un jeune prêtre m’appelle pour un gros projet de com. On en discute, une fois, deux fois, l’échange est agréable et on passe déjà un bon moment. M’étant sympathique, je commence même à le conseiller, gratuitement. Il promet de me rappeler pour me tenir au courant de l’avancée du projet et qu’on puisse à priori travailler ensemble dessus. Près d’un an a passé, et malgré plusieurs relances, je n’ai plus jamais eu de nouvelles.
Quand  je dis “plus jamais”, c’est à dire qu’il fait véritablement “le mort”. Et pourtant il continue à publier sur Facebook (il n’est donc pas mort cqfd).
Si cela ne m’était arrivé qu’une fois… Mais je l’ai vécu plusieurs fois malheureusement.

1. Apprendre à communiquer, c’est d’abord…

Ne pas fuir le conflit.
En réalité, très souvent on imagine le conflit.
Des statistiques ont montré que sur toutes les peurs que l’on a (que l’on imagine), seulement 5% se réalisent. 95% partent en fumée…
Je rends grâce à Dieu qu’aujourd’hui se développent des “Parcours gratitude” partout en France (que je suis avec mon épouse d’ailleurs !) qui nous font reconnaître les dons que Dieu nous fait, les apprécier, et le remercier; un des effets en cascade est la disparition de nos craintes infondées !
Il y a quelques astuces pour être un bon communiquant :
  • répondre aux mails et aux coups de téléphone
  • n’envoyer des mails que pour les échanges d’informations
  • utiliser le téléphone, ou se voir (encore mieux), et non envoyer des mails, pour discuter de choses importantes, prises de décisions, désaccords possibles et autres

Cela peut paraître “bateau”, mais si les personnes que je citais plus haut appliquaient ces conseils, je n’en serai pas à écrire cet article 🙂 

2. Apprendre à communiquer, c’est aussi…

Se former à l’écoute active et / ou à la communication bienveillante.

Avant d’avoir son premier enfant, une bonne amie à moi pensait qu’elle avait un vrai don pour l’écoute et l’empathie… Quand ce petit enfant si beau si mignon atteint les 1an 1/2 (ceux qui ont des enfants comprennent de suite ce que je veux dire 😉 elle se découvrit des “faces cachées” d’elle-même difficiles à accepter.

Cette épreuve la conduisit à suivre des thérapies, faire un travail de guérison sur elle-même, mais aussi à suivre des formations à l’écoute active et à la bienveillance dans l’éducation, et Dieu merci à devenir une meilleure personne !

Aujourd’hui elle est épanouie, et “gère” ses 2 autres enfants d’une manière admirable.

Le mariage et la naissance des enfants nous permettent de progresser, car l’autre nous renvoie une image “miroir” de nous-mêmes, qui nous pousse à nous remettre en question, à changer et à “nous bonifier”.
Quand on est célibataire, c’est plus difficile.

 

3. Pourquoi cela est crucial pour les pasteurs et managers ?

C’est pourquoi je parle des prêtres, mes amis, mes pères, et d’une manière fraternelle. Nulle idée en moi de me positionner au-dessus et de minimiser l’ampleur de vos efforts.
Vous êtes comme des managers, des chefs d’entreprise, vous êtes “en vue” et vous gérez des équipes. C’est pourquoi les défauts de communication, comme en entreprise, sont générateurs de souffrances, pour vous et pour les autres.
J’ai récemment travaillé sur l’identité visuelle et la communication d’une coach, spécialisée en accompagnement du changement en entreprise. Elle aide par de nombreux ateliers ludiques les managers et les employés à passer d’une relation verticale à une relation horizontale. Les changement sont fulgurants et les entreprises qui jouent le jeu connaissent même un impact sur leur croissance !
Si l’on compare à l’Eglise, cette relation verticale qui cause tant de dommages nous l’appellerions “cléricalisme”. Le prêtre qui sait, qui commande et qui gère tout, de l’ampoule à changer jusqu’au flyer pour la messe de Pâques…
Le sujet est vaste (mais passionnant), et si vous souhaitez aller plus loin je vous recommande cet excellent livre, très inspirant, écrit par un couple qui  a parcouru les Etats-Unis pendant 6 mois, à la recherche des raisons du succès des églises catholiques américaines.
Ils ont de vraies solutions.
D’autres outils existent, comme Talenthéo (je ne connais pas particulièrement, mais on en entend parler en bien !), ou les Trios de croissance.
Dans tous les cas, se former, ne pas “continuer à faire comme j’ai toujours fait”, ni croire que “ça va s’arranger” sont des exigences et non des options.
Vous connaissez l’expression de Sartre (ou d’IAM, ça dépend vos références culturelles…) : “l’enfer, c’est les autres”. Si vous pensez ça parfois, alors vous avez besoin de vous former (voilà un bon critère de discernement et gratuit !)
Vous vous demandez peut-être si vous avez besoin d’apprendre à communiquer ?
Je termine cet article par une checklist; si vous butez sur au moins 3 réponses aux questions ci-dessous, alors courrez vous former à la communication bienveillante, au coaching, à l’écoute active ou à tout autre outil béni facile d’accès de nos jours !
Ma checklist pour les prêtres et leaders :
  1. Utilisez-vous régulièrement l’écoute active ? Si oui, donnez les 3 derniers exemples où vous l’avez employée avec succès.
  2. Pouvez-vous donner une définition de la “communication non-violente” telle que pensée par Marshall Rosenberg, en mots compréhensibles par un enfant ?
  3. Vous arrive t-il de ne pas répondre à un mail ou un coup de téléphone par peur de la personne en face ?
  4. Imaginez-vous souvent des scénarios catastrophes dans vos relations, qui de fait ne se réalisent pas (vous vous sentez alors heureux de vous être trompés) ?
  5. Ressentez-vous parfois de fortes émotions quand le téléphone sonne ? Quand une autorité vous appelle ?
  6. Comment se sont déroulées les 3 dernières situations de conflits en paroisse ? Etes-vous satisfaits des solutions que vous aviez trouvées ?
  7. Vous sentez-vous non compris, ou que l’on ne vous écoute pas ?
  8. Vous arrive t-il de constater qu’on a mal compris vos propos, ou interprétés, alors qu’il vous semblait avoir été clair ?
  9. Ressentez-vous de la colère parfois face à l’ampleur du travail que vous réalisez et que les autres ne reconnaissent pas, ou pour lequel vous n’obtenez aucune reconnaissance ni merci ?
  10. Pensez-vous parfois que si les fidèles aimaient davantage le Seigneur, ils écouteraient davantage vos conseils, homélies, ou participeraient à vos formations, etc ?

 

Enfin, voici une checklist de 7 conseils pour apprendre à mieux communiquer :

  • Écoutez. L’art de communiquer commence par l’écoute. Développez l’écoute active, par des mouvements de la tête, en reformulant le discours de votre interlocuteur, en rebondissant sur ce qu’il est en train de vous dire plutôt que de penser à votre prochain monologue. Ne confondez pas écoute et complaisance. En portant votre attention sur l’autre, vous vous libérez d’une pression et vous pouvez vous laisser porter par le flux de la conversation.
  • Utilisez des questions ouvertes. Optez pour les questions ouvertes plutôt que les questions fermées qui laissent moins d’espace à la discussion. Si vous demandez : « Est-ce la première fois que vous venez à ce spectacle ? », votre interlocuteur risque de ne répondre que par oui ou par non. Ce qui mène la discussion à une impasse. Si vous interrogez : « Qu’est-ce qui vous a plu dans ce spectacle ? », vous ouvrez la porte à la discussion.
  • Dites « je ». Cela vous implique ! Dire “je” plutôt que “on”, qui vous évite de vous positionner.
  • Exprimez des opinions et des demandes précises. Si vous dites : « On perd son temps à ces réunions », vous ne donnez pas beaucoup d’indications sur votre ressenti ni sur votre désir. En disant : « C’est la troisième réunion qui commence avec une demi-heure de retard et qui s’égare en discussions peu consistantes. Je suis embêté, car j’ai beaucoup de travail en ce moment et ces retards me font perdre un temps précieux», vous vous montrez plus concret, plus précis, plus constructif.
  • N’ayez pas peur des silences. Ce n’est pas parce qu’un blanc se produit dans une conversation que vous passerez tout de suite pour quelqu’un d’insipide. Vous n’êtes pas là pour effectuer une performance. Les silences sont des moments nécessaires pour laisser place à l’autre et à soi-même.
  • Communiquez avec le corps. Une grande partie des messages passent de manière non verbale. Votre interlocuteur sera très sensible à votre regard, vos mimiques, la position de votre corps, et l’amplitude de vos mouvements. Le corps dit parfois l’inverse de ce que disent les mots. Si vous déclarez : « Je suis très enthousiaste dans l’avenir de ce projet » et que vous vous ne souriez pas, on ne vous croira pas !
  • Privilégiez les messages positifs. Les gens se tournent volontiers vers les personnes positives. Il est important aussi de pouvoir accepter un compliment. Si l’on vous félicite pour cette homélie, vous pourrez simplement répondre : « Merci. Ça me fait plaisir que cela ait pu te servir. »

J’espère que cet article vous a plu, n’hésitez pas à me contacter suite à sa lecture si vous le souhaitez, et à le partager autour de vous si vous pensez qu’il peut faire du bien !

Merci pour votre confiance,

Emmanuel